Doctorant en bioinformatique et lauréat du Prix de co-leadership étudiant du RTSA, Thomas Renne aborde la génétique, la science ouverte et la façon dont son engagement au sein du réseau éclaire son approche de la recherche en neurodéveloppement.
Thomas Renne est étudiant au doctorat en bioinformatique à l’Université de Montréal. Ses travaux portent sur la façon dont les variants génétiques rares influencent le fonctionnement cellulaire dans le cerveau des personnes autistes. Lauréat du Prix de co-leadership étudiant 2025-2026 du RTSA, il a contribué aux travaux de gouvernance du réseau ainsi qu’à des initiatives stratégiques liées à la science ouverte. .
Thomas revient sur sa participation à l’Assemblée des membres 2025 et explique comment ces échanges influencent ses priorités de recherche. (Production: Noah Leon)
Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour la recherche en neurodéveloppement?
Renne: J’ai toujours été intéressé par l’étude du fonctionnement du corps humain. Je me suis, dans un premier temps, focalisé sur la génétique. J’étais très intrigué à l’idée de comprendre comment cette brique élémentaire, la recette de chaque être vivant, pouvait amener autant de diversité. J’ai ensuite découvert, au travers de mes formations, que le cerveau était un autre élément central de notre diversité et de notre individualité, et que son fonctionnement était, d’un point de vue mécanistique, encore très peu connu. J’ai donc voulu participer, à mon niveau, à la découverte du neurodéveloppement et ainsi comprendre si la neurodiversité observée était encodée dans nos neurones, et plus précisément dans les gènes de ces neurones.
Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail ?
Renne: Au jour le jour, ce qui m’anime est de toujours découvrir de nouvelles choses, observer de nouveaux résultats et faire le travail d’enquête nécessaire à la compréhension de ces découvertes. Je travaille avec un très grand nombre de données, donc mon travail repose beaucoup sur la synthèse de cette quantité vertigineuse d’informations. L’un des meilleurs moments de ma journée est celui où je trouve enfin la bonne manière de communiquer toute cette information de façon claire dans un seul graphique.
Quel impact souhaitez-vous que vos travaux aient?
Renne: Mon travail porte sur l’étude de la génétique et, plus précisément, sur l’impact des variants génétiques rares sur le fonctionnement cellulaire dans le cerveau des personnes autistes. J’espère que cette recherche fondamentale contribuera à la création d’une ressource de référence sur la génétique cérébrale en contexte d’autisme.
Par exemple, l’épilepsie est plus fréquente chez les personnes autistes que dans la population générale. Nous disposons toutefois de connaissances encore limitées sur les mécanismes biologiques qui pourraient expliquer cette réalité. Une meilleure compréhension pourrait soutenir des recherches qui répondent davantage aux priorités de santé identifiées par les personnes autistes et leurs proches.
En quoi le Prix de co-leadership étudiant du RTSA a-t-il influencé votre parcours ou votre expérience?
Renne: Le RTSA m’a fait l’honneur de m’octroyer le Prix de co-leadership. Ce prix, qui vient avec la grande responsabilité de participer à la gouvernance du réseau, m’a beaucoup appris sur les coulisses du fonctionnement de tels réseaux. J’ai ainsi pu participer à la gestion du réseau, aux différents comités scientifiques, et même à l’organisation de colloques de recherche.
J’ai appris à prendre un rôle plus actif au sein de la communauté scientifique, le tout supervisé et encadré par des personnes toujours présentes pour me former et m’aider à m’améliorer. Toutes les compétences acquises lors de cette année vont, j’en suis sûr, me servir tout au long de ma carrière. Ce prix m’a aussi donné l’occasion de m’investir davantage dans le réseau et d’œuvrer activement pour cette communauté qui fait le lien entre la recherche et les personnes autistes.
Que représente pour vous la science ouverte? Comment l’intégrez-vous concrètement dans vos recherches?
Renne: Pour moi, la science ouverte est l’une des briques fondamentales de la recherche académique. De mon point de vue, elle s’articule à deux niveaux : auprès des chercheurs et auprès du grand public.
Pour les premiers, il s’agit de transférer nos données, nos méthodes et nos résultats aux autres membres de la communauté académique de la façon la plus ouverte possible, en s’appuyant sur les outils mis à notre disposition. Je participe à la diffusion ouverte de ma recherche en utilisant des répertoires Git pour le code, des banques de données publiques pour déposer mes données et en publiant mes résultats dans des revues en libre accès afin de ne pas cacher la recherche derrière des paywalls.
C’est dans ce cadre que le projet Québec 1 000 familles (Q1K) du RTSA se distingue, notamment par la mise à disposition du registre des participants, des données brutes et des méthodes sur des ressources publiques accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique.
Pour le grand public, la science ouverte repose sur la communication et la vulgarisation afin de rendre nos découvertes accessibles au plus grand nombre. Le RTSA est pour cela un atout majeur, car il met en commun les chercheurs et la communauté des personnes ayant des conditions neurodéveloppementales pour qui la recherche est menée. Cela permet de retourner nos découvertes à la communauté, mais aussi d’écouter leurs demandes et leurs besoins, et ainsi d’orienter notre recherche.
Entrer en contact avec Thomas
Thomas est ouvert à de futures collaborations. Vous pouvez suivre ses travaux sur son profil Google Scholar et le joindre par courriel à l’adresse suivante : thomas.renne@umontreal.ca.
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Déposez votre candidature au Prix de co-leadership étudiant(e) 2026–2027 du RTSA. La date limite pour soumettre votre dossier est le 3 avril 2026 à 17 h (HE).