La recherche sur l’autisme et la neurodivergence devient de plus en plus interdisciplinaire, collaborative et liée aux perspectives des communautés concernées. La Journée de la relève étudiante en recherche interdisciplinaire sur l’autisme et la neurodivergence 2026 du RTSA a offert un aperçu de cet avenir à travers les voix et les travaux de chercheur·se·s émergent·e·s de partout au Québec.
Organisé par le Réseau pour transformer les soins en autisme (RTSA), par l’entremise de la Plateforme canadienne de formation en recherche neurodéveloppementale (CanFRN), dans le cadre du 93e Congrès de l’Acfas à l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’événement a réuni des étudiant·e·s, des membres de la communauté et des partenaires pour une journée de dialogue et d’apprentissage.
Tout au long de la journée, des étudiant·e·s et chercheur·se·s en début de carrière ont présenté des travaux portant sur un large éventail de sujets, allant de la génétique et de l’intelligence artificielle à l’inclusion, la santé mentale, la sexualité, l’identité linguistique et les pratiques neuroinclusives. Plus qu’un colloque de recherche, l’événement a mis en lumière le rôle important de la relève dans la construction d’un écosystème de recherche plus attentif, équitable et adapté aux réalités des personnes concernées.
Écoutez directement les témoignages des étudiant·e·s et des organisateur·trice·s sur ce que cette journée a représenté pour eux, ce qu’ils en ont retenu, ainsi que l’impact qu’ils souhaitent voir émerger pour l’avenir de la recherche en neurodéveloppement :
Quel a été votre moment fort de la Journée de la relève étudiante en recherche interdisciplinaire sur l’autisme et la neurodivergence à l’Acfas?
Les participant·e·s ont souligné l’importance des échanges interdisciplinaires, du mentorat authentique et des perspectives issues du vécu, tout en découvrant des approches de recherche au-delà de leurs propres domaines.
Sophie Bouhour : Mon moment fort, sans hésitation, c’est la table ronde avec nos expertes. Il y avait quelque chose de vraiment rare dans la qualité des échanges : une authenticité et une honnêteté qu’on ne retrouve pas toujours dans les événements académiques. C’était inspirant, vivant, et ça m’a rappelé pourquoi ce genre d’espace est si nécessaire.
Claudia Hernandez Pérez : Le moment qui m’a le plus marqué a été d’entendre les professeures et chercheuses parler de leurs propres expériences. Ce n’était pas seulement des présentations de recherche, mais aussi des échanges très humains sur leurs parcours, leurs défis et ce qui les motive encore aujourd’hui. C’était vraiment inspirant de voir leur passion et leur ouverture envers la relève. Ça rend la recherche plus concrète et accessible.
Philippe Leroux : Discussion informelle avec la paneliste.
Thomas Renne : Il est difficile pour moi de désigner un seul moment fort pour cette journée, tant elle a été riche en découvertes. En tant que chercheur en génétique, j’ai eu l’opportunité d’explorer des univers radicalement différents du mien, notamment les enjeux psychologiques, sociétaux et d’inclusion liés aux conditions neurodéveloppementales. Ce qui m’a particulièrement marqué, en tant que membre organisateur, c’est de constater à quel point cette journée a été chaleureusement accueillie, tant par les étudiant·e·s de tous les domaines réunis que par les personnes neurodivergentes qui y ont participé.
Grace Tusevo Kuediatuka Ba : Mon moment fort de la journée a été de constater la grande diversité des sujets ayant été abordés lors des différentes présentations orales de la matinée. Lors de ces présentations orales éclairs ou longues, plusieurs disciplines ont été mises de l’avant (par exemple, neurosciences, biochimie, ergothérapie). Les présentations étaient d’excellentes qualités. Les sujets ont été également bien vulgarisés pour le public non expert. Cette journée m’a ainsi permis de découvrir plusieurs projets fascinants hors de mon champ d’expertise. J’ai eu donc l’impression d’apprendre de manière continue tout au long de la journée.
Selon vous, quel impact cet événement a-t-il eu sur les étudiant·e·s, les chercheur·se·s et la communauté scientifique plus largement?
Les participant·e·s ont réfléchi à la façon dont cette journée a favorisé les collaborations, renforcé le sentiment d’appartenance au sein de la relève en recherche et encouragé des perspectives plus inclusives sur l’autisme et la neurodivergence.
Sophie Bouhour: Ce qui m’a le plus frappée, c’est à quel point l’événement a révélé l’étendue des disciplines qui s’intéressent à l’autisme. On avait chacun nos expertises et nos langages spécifiques, et le colloque a permis de décloisonner tout cela. Pour les étudiantes et étudiants, je pense que l’impact a été particulièrement fort sur le plan du réseautage et du sentiment d’appartenance. Entendre d’autres parcours, d’autres témoignages, ça crée une vraie communauté.
Claudia Hernandez Pérez: Je pense que cette journée a surtout permis de créer des liens. Ça donne confiance et ça motive à continuer dans le milieu de la recherche.
Philippe Leroux: Ouverture sur plusieurs perspectives que la neurodivergence peut avoir selon les disciplines
Thomas Renne: Pour moi, l’impact principal de cet événement réside dans sa capacité à favoriser fortement les interactions entre les étudiant·e·s présent·e·s, élargissant ainsi leur vision vers d’autres sujets et domaines de recherche. Cela permettra une meilleure interdisciplinarité sur toutes les questions liées au neurodéveloppement. Pour les chercheur·se·s et la communauté scientifique, les bénéfices sont similaires : une vision globale des enjeux, qu’ils soient biomédicaux, mécanistiques ou sociétaux, incluant l’amélioration des méthodes d’intégration des personnes neurodivergentes, comme celles vivant avec l’autisme, et la promotion de leur inclusion dans la société.
Grace Tusevo Kuediatuka Ba : Selon moi, la journée de la relève a eu un impact positif autant pour les étudiant.es que pour les chercheur.ses. Cette journée a offert un espace d’échange stimulant où les étudiant.es ont pu présenter leurs travaux, discuter avec des personnes travaillant dans différentes disciplines. Cette interdisciplinarité a pu faire émerger de nouvelles idées, des questions, ou même une meilleure compréhension de l’autisme et de la neurodivergence. C’était aussi une belle opportunité de faire du réseautage.
Pourquoi était-il important pour vous de vous impliquer dans l’organisation de cet événement? Qu’avez-vous appris tout au long du processus de planification et d’organisation?
Les étudiant·e·s ont partagé que leur implication dans l’organisation de l’événement leur a permis de développer des compétences en collaboration, en coordination et en gestion d’événements, tout en créant un espace inclusif favorisant le dialogue entre différentes perspectives et approches de recherche.
Sophie Bouhour: J’avais envie d’apprendre à organiser un événement d’envergure en dehors de mes réseaux habituels (mon université ou mon département par exemple). J’ai appris les rouages, la gestion d’un échéancier, les petits détails qu’on ne voit pas quand on assiste seulement à une conférence. Mon défi personnel a été l’organisation de la table ronde. J’avoue que c’était impressionnant à porter, mais j’ai eu la chance d’être bien entourée. Quand j’ai vu le panel final prendre forme, j’étais vraiment fière de ce qu’on avait construit ensemble.
Claudia Hernandez Pérez: C’était important pour moi de m’impliquer afin de créer des occasions de rencontre et de partage autour des sujets qui me passionnent (TSA, neurodivergence) . J’ai appris sur le travail d’équipe, la communication et toute la coordination nécessaire derrière un événement comme celui-là. J’ai aussi réalisé à quel point la collaboration entre les personnes impliquées fait toute la différence pour créer une journée accueillante et enrichissante.
Philippe Leroux: J’ai appris à improviser et m’ajuster en fonction des attentes de tous, surtout des gens qui participent.
Thomas Renne: Mon implication dans l’organisation de cet événement répondait à une double motivation. Sur le plan personnel, je souhaitais comprendre les rouages de la conception et de la gestion des événements auxquels les étudiant·e·s participent. Grâce à l’accompagnement des membres du RTSA, j’ai pu me former à l’organisation de ce type de projet, une compétence que je compte réinvestir dans de futures initiatives. Sur le plan collectif, il était essentiel pour moi de créer un espace où les voix des étudiant·e·s travaillant sur des sujets très diverse puissent coexister au sein d’une journée commune, afin de favoriser une approche véritablement inclusive de tous les domaines de recherche. Ce processus m’a également appris que l’organisation d’un tel événement exige un travail colossal, et qu’il faut toujours reconnaître l’effort des personnes qui s’y investissent. J’ai aussi pu mesurer la difficulté de sélectionner les résumés et les présentations, chaque recherche étant pertinente, ce qui rend le choix et l’ordonnancement des sujets particulièrement complexes.
Grace Tusevo Kuediatuka Ba : J’ai souhaité m’impliquer dans l’organisation de la journée de la relève parce que je crois à l’importance de créer des espaces de dialogue, de partage et de collaboration autour de l’autisme et de la neurodivergence. En tant qu’étudiant, la journée de la relève constituait une véritable opportunité pour moi de rencontrer d’autres collègues étudiant.es et des chercheurs.ses travaillant auprès des personnes issues de la neurodiversité. C’était aussi une occasion enrichissante de collaborer avec des personnes provenant de différentes disciplines et d’apprendre de leurs expériences. Participer à l’organisation m’a également permis d’en apprendre plus sur les rouages du monde de la recherche.
En un mot ou en une phrase, quel est votre principal constat de la journée?
Les participant·e·s ont retenu de cette journée un fort sentiment de communauté, de collaboration et de diversité des perspectives qui façonnent la recherche sur l’autisme et la neurodivergence à travers les disciplines.
Sophie Bouhour: Vrai esprit de communauté
Claudia Hernandez Pérez: Une journée remplie de passion, de rencontres et de motivation .
Philippe Leroux: Beaucoup de plaisir et de possibilités dans le milieu scientifique.
Thomas Renne: Une grande diversité de profils pour une grande diversité de thèmes de recherche
Grace Tusevo Kuediatuka Ba : C’est phénoménal de voir comment l’autisme regroupe autant de disciplines aussi bien en recherche qu’en intervention.
Les réflexions partagées par les personnes étudiantes ont mis en lumière l’un des résultats les plus marquants de la journée : la création d’un espace où des perspectives, des disciplines et des expériences vécues diverses ont pu se rencontrer et dialoguer de façon significative.
Comme l’a souligné Mélanie Couture, codirectrice du RTSA : « Ce fut probablement une grande première de réunir et rassembler des étudiants chercheurs provenant d’horizons aussi larges que la génétique, la neuroimagerie, les enjeux sensoriels, la qualité de vie et le droit, le tout fait avec une grande ouverture et bienveillance. »
En favorisant les échanges entre la relève en recherche et en encourageant des approches plus inclusives et interdisciplinaires, l’événement a rappelé l’importance de soutenir la prochaine génération de personnes qui contribueront à faire avancer la recherche en autisme et en neurodéveloppement.
Dans les coulisses
Vous souhaitez en savoir plus sur la Journée de la recherche étudiante 2026 du RTSA sur l’autisme et la neurodiversité? Consultez l’article, Transformer les soins en autisme publié par Actualités UQAM le 5 mai 2026 et découvrez les coulisses de l’événement grâce à notre couverture vidéo :